·         La Bretagne admise au service actif

Cinquième d’une série de huit, la frégate multi-missions (FREMM) Bretagne vient d’être admise au service actif par le chef d’état-major de la Marine (CEMM), l’amiral Prazuck. Cette décision marque l’entrée dans le cycle opérationnel de ce bâtiment ultra-moderne.

Construite à Lorient, la Bretagne a réalisé ses premiers essais à la mer avant de rejoindre Brest, son port-base, le 14 mai 2018. Elle a été officiellement réceptionnée le 18 juillet dernier.

Le 30 août, la Bretagne a quitté Brest pour entamer son Déploiement Longue Durée (DLD). Il s’agit de la première mission du bâtiment qui, déployé pendant plusieurs mois, est testé en conditions extrêmes afin de le confronter à ses missions futures. Durant ce déploiement, la Bretagne a participé à de nombreux exercices avec les marines alliées : exercices de lutte anti-sous-marine au large des États-Unis ou encore participation à l’exercice OTAN Trident Juncture au large de la Norvège.

Après trois mois de navigation en Atlantique nord, la Bretagne a retrouvé son port-base de Brest à la fin de l’année 2018. Aujourd’hui admise au service actif, elle intègre la flotte de surface de la marine nationale et s’apprête à prendre pleinement part aux opérations. La Bretagne est la deuxième FREMM de la flotte du Ponant, après l’Aquitaine.

En 2030, la Marine nationale disposera de quinze frégates de premier rang dont 8 FREMM, 2 FDA et 5 FDI. La FREMM Bretagne est la cinquième d’une série de huit, après l’Aquitaine, la Provence, le Languedoc et l’Auvergne. Elle sera suivie entre 2019 et 2023 par la Normandie, l’Alsace et la Lorraine. Les deux dernières FREMM auront des capacités de défense aérienne renforcées (FREMM DA).

Navires furtifs de nouvelle génération, polyvalents, endurants et souples d’emploi, dotés d’automatismes poussés et d’un équipage à effectif optimisé, les FREMM ont vocation à assurer des missions telles que la sureté de la force océanique stratégique, la frappe de précision dans la profondeur avec le missile de croisière naval (MdCN), les luttes antinavires, anti-sous-marine et anti-aérienne, la projection de commandos embarqués, la protection et l’escorte d’une force aéronavale, ou encore la participation aux missions de sauvegarde maritime.

·         Arrivée du groupe de guerre des mines aux Émirats

Le 17 février, les deux chasseurs de mines tripartite (CMT) L’Aigle et Sagittaire partis 14 jours plus tôt de Brest ainsi que le matériel du détachement du groupe de plongeurs démineurs de la Manche (GPD Manche) et de l’état-major de guerre des mines sont arrivés sur la base navale des forces françaises stationnées aux Emirats arabes unis (FFEAU).

Les équipages ont mis à profit les deux semaines de transit pour poursuivre leur entrainement. Ils se sont notamment formés aux techniques d’interventions opérationnelles rapprochées (TIOR), au secourisme de combat et ont conduits des séances d’identification ainsi que des séances dédiées à la sécurité plongée et nautique.

Suite au déchargement des unités et après une courte période dédiée aux derniers préparatifs, les opérations de guerre des mines en océan Indien et dans le Golfe Arabo-Persique vont pouvoir débuter.

Ce déploiement est mené sous l’autorité d’un état-major de conduite de la force aéromaritime de réaction rapide. Il est réalisé dans une zone représentant un intérêt stratégique majeur pour la France qui y entretient de nombreux partenariats, comme le rappelle la revue stratégique de défense et de sécurité nationale de 2017. Il permet d’entretenir une connaissance fine des fonds marins permettant, le cas échéant, d’intervenir en cas de crise liée à une menace mines et de rétablir la liberté de navigation. Il permet également de renforcer l’interopérabilité et la coopération avec les pays partenaires du Golfe et présents dans la zone (américains et britanniques notamment).

·         Le Primauguet à Saint-Pierre-et-Miquelon

Du 15 au 18 février, la frégate anti-sous-marine (FASM) Primauguet a fait escale pour la dernière fois à Saint-Pierre-et-Miquelon avant son désarmement.

Dernier témoin de la présence française en Amérique du Nord, Saint-Pierre-et-Miquelon représente une escale à part pour tout bâtiment de la Marine Nationale. Très attendue, cette escale a été l’occasion de nombreux échanges avec la population de l’île qui montre un fort attachement à la Marine.

La mémoire du rôle de la Marine dans l’assistance à la grande pêche sur les bancs de Terre-Neuve, si bien retranscrite dans le film « Le crabe-tambour », mais également celle du rôle des marins de Saint-Pierre au sein des Forces Navales de la France Libre restent vivaces au sein de la population.

Pendant deux jours, le Primauguet a ainsi accueilli de nombreux habitants venus, souvent en famille, visiter la frégate. Le 16 février, une délégation de marins s’est rendue à une rencontre organisée par l’Association des Anciens Combattants de Saint-Pierre-et-Miquelon tandis que l’après-midi une vingtaine de marins ont participé  à la course des « Foulées Blanches », formant des binômes avec les coureurs locaux.

Après s’y être rendu en 1986 lors de son premier déploiement pour son entrée en service, le Primauguet a ainsi « bouclé la boucle » d’une belle manière lors de cette escale, une des dernières avant son retrait du service actif.

Avant de poursuivre sa mission, la FASM Primauguet a réalisé une navigation côtière tout autour des îles de l’archipel, participant ainsi à la surveillance de la zone économique exclusive.

·         Retour de mission du patrouilleur La Résolue

Après trois semaines en mer, le patrouilleur Antilles-Guyane (PAG) La Résolue est rentré à la base navale de Dégrad-des-Cannes, après avoir accompli sa mission de la lutte contre la pêche illégale en coopération avec les forces armées du Surinam et Guyana.

La Résolue a patrouillé sur une zone de 332 000 km2 au large du plateau des Guyanes soit une surface équivalente à la moitié de la France métropolitaine. « Le patrouilleur Antilles Guyane est particulièrement bien adapté aux patrouilles de longue durée sur le plateau des Guyanes. Ses capacités modernes nous permettent d’approfondir la connaissance des activités maritimes dans les espaces de souveraineté, d’établir une situation tactique étendue et d’agir contre les activités illicites en assumant des fonctions de commandement tactique », indique le lieutenant de vaisseau Maxence, commandant La Résolue.

Durant son déploiement, le PAG a effectué trois contrôles aux frontières surinamaises et brésiliennes saisissant 300 kg de poisson aux pêcheurs illégaux. Cette opération a également permis de faire cesser une incursion illégale de pêcheurs dans les eaux françaises. Profitant de cette phase en mer, des entraînements qualifiants au treuillage et au transport de blessé ont été conduits avec les forces de sécurité civile avant de rallier le Surinam puis le Guyana.

Afin de consolider les liens avec les pays riverains du plateau des Guyanes, M. Antoine Joly, ambassadeur de France au Suriname et les chefs d’état-major des Armées et de la Marine surinamaise ont été invités à visiter le patrouilleur en escale à Paramaribo. Les autorités militaires surinamaises ont montré leur volonté de développer la coopération avec les forces armées guyanaises proposant que six marins surinamais embarquent pour une journée à bord.

Enfin, le passage à Georgetown, la capitale du Guyana a été l’occasion de poursuivre les échanges entre les deux forces armées, six ans après la dernière escale française. Une réception officielle et des visites du patrouilleur en présence de l’inspecteur général des armées du Guyana ont permis d’évoquer les pistes de coopérations dans le domaine maritime à l’aune du début des activités offshores au Guyana. Un groupe de 10 garde-côtes guyaniens a ainsi passé une journée en mer à bord et a pu observer les méthodes de travail de l’équipage lors d’exercices de sécurité incendie et d’homme à la mer.

·         Focus sur le détachement AERO basé à Dakar

À l’escale aéronautique de Senghor Militaire est déployé un Falcon 50M, un modèle mythique d’aviation d’affaires adapté en appareil de surveillance et de sauvetage maritime. Il fait partie du Détachement de l’Aéronautique navale (DETAERO) intégré aux éléments Français au Sénégal (EFS).

Appartenant à la flottille 24F de la base de l’aéronautique navale (BAN) de Lann-Bihoué, ce détachement est placé sous contrôle opérationnel du commandant de la zone maritime Atlantique (CECLANT). La flottille 24F est composée de 12 équipages répartis sur 8 Falcon 50M dont un est présent en permanence à Dakar afin de tenir l’alerte SAR (Search and Rescue) en Afrique de l’Ouest.

L’équipage d’un Falcon 50M est composé de cinq membres, dont un pilote, un chef de bord, un opérateur radio, un opérateur radar et un observateur ainsi que deux techniciens qui assurent l’entretien et les réparations de l’aéronef. Ils sont déployés au Sénégal pendant un mois avant d’être relevés par une nouvelle équipe.

Trois militaires des EFS, situés au poste de commandement du quartier Geille, travaillent en étroite collaboration avec le DETAERO afin d’organiser et de coordonner leurs différentes missions dans la région. Cette équipe permanente qui constitue le bureau du « J3 Air-Mer » est en liaison constante avec CECLANT. Elle est en charge du maintien de l’alerte, de la planification des entraînements ainsi que des missions de surveillance.

Le DETAERO de Dakar a pour mission première d’assurer une alerte permanente de SAR dans le cadre d’un protocole entre la France et le Sénégal qui date de 1966. Il peut donc décoller à n’importe quelle alerte, en cas d’accident aéronautique, mais aussi pour secourir un bateau en détresse.

Ce détachement s’intègre également dans le dispositif de sécurité collective et de maintien de la paix dans la région et participe à ce titre à de nombreuses missions en coopération avec les pays d’Afrique de l’Ouest. Le DETAERO mène ainsi des missions de surveillance des pêches, de lutte contre les pollutions maritimes, contre les trafics illicites (stupéfiants, contrebande…), et contre la piraterie ou le brigandage. Enfin, le DETAERO prend également part à des missions de formation dans le cadre des Détachements d’Instruction Opérationnelle (DIO).

Le Falcon 50M embarque pour ses missions de sauvetage jusqu’à 6 canots de sauvetage qui lui confèrent une capacité totale de sauvetage de plus d’une centaine de personnes. Ceux-ci sont largués depuis une trappe située sous l’avion. « On doit voler à seulement 30 mètres de hauteur, prendre en compte le vent et être très précis dans le pilotage pour réussir à larguer ces équipements vers les naufragés » témoigne le pilote.

L’appareil est également équipé d’une caméra infrarouge (FLIR) (Forward Looking Infra-Red) permettant une détection de nuit à plusieurs centaines de pieds de hauteur. Pour communiquer, l’appareil est équipé d’un système de liaison satellitaire (AVIASAT) et d’un ensemble HF-V/UHF. Ces équipements lui assurent ainsi une liaison constante avec les autorités à terre. Il est également équipé d’un décodeur IFF, d’un récepteur AIS et d’un système de partage de données appelé SPATIONAV.

Le Falcon 50 a été transformé au début des années 2000 pour les besoins de la Marine nationale afin d’être déployé sur nos différentes ZEE (Zones Economiques Exclusives) afin d’assurer la défense maritime du territoire, et l’action de l’État en mer.

Vivez marin !

·         Le Centre d’études stratégiques de la Marine a publié son dernier numéro d’Études marines : « Nourrir ».

La Mer nourrit la Terre, l’Homme le sait depuis toujours. Le site de Pinnacle Point, en Afrique du Sud, a révélé les traces d’une économie de subsistance tournée vers la mer remontant à… 164 000 ans. Depuis des temps immémoriaux, l’être humain pêche, élève poissons, crustacés ou algues. C’est depuis toujours aussi que la nourriture circule sur les océans, la Rome antique guettant avec anxiété les navires convoyant d’Égypte, de mer Noire ou de Carthage le blé indispensable pour assurer la subsistance de la Cité des Césars.

Ce qui change aujourd’hui, c’est l’intensité de cette dépendance : la croissance démographique mondiale, la globalisation nous ont rendu tributaires de la mer pour notre alimentation… comme pour l’approvisionnement en eau, certaines régions du monde reposant sur les usines de dessalement d’eau de mer pour assurer leur consommation.

Assurer la sécurité de ces flux, la protection de ces ressources, leur exploitation raisonnée, n’est plus seulement un impératif, c’est devenu une obligation tant notre avenir, pour nos besoins les plus primaires, passe par la mer…

Voici le lien direct pour consulter ce dernier numéro d’Études marines sur internet : http://cesm.marine.defense.gouv.fr/index.php/18-accueil/121-etudes-marines-n-15-nourrir et sur intradef : https://portail-cesm.intradef.gouv.fr/sites/cesm/files/EM15_CALAMEO.pdf

La revue Études marines est une plongée au cœur du monde maritime. Qu’elle fasse intervenir des auteurs reconnus sur des questions transversales ou qu’elle approfondisse un thème d’actualité, elle offre un éclairage nouveau sur la géopolitique des océans, la stratégie navale et plus généralement sur le fait maritime.

·         18 mars : soirée de charité au Cercle National des Armées : la promotion 2017 de l’École navale vous convie à une soirée de charité au profit de l’ADOSM et de la SNSM.

Les aspirants de la troupe de théâtre vous feront entrer dans l’univers de René de Obaldia, académicien et auteur incontournable du théâtre contemporain qui a tant à nous dire sur notre époque. Ces scènes courtes, à l’humour corrosif, ne tournent jamais le dos à la gravité (à ne pas confondre avec la pesanteur !).

La chorale prendra le relais en deuxième partie de soirée avec son répertoire de chants traditionnels de l’école.

Rendez-vous le lundi 18 Mars 2019 à 20h au Cercle National des Armées.

Billetterie sur place, paiement en chèque ou espèces.

Réservation recommandée : caurel.eleve@ecole-navale.fr

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